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Le trou dans la couche d’ozone : où en sommes-nous aujourd’hui ?

Pendant plusieurs décennies, le « trou dans la couche d’ozone » a été l’un des grands problèmes environnementaux de la planète. Pourtant, contrairement à beaucoup d’autres crises écologiques, son histoire montre qu’une action internationale peut réellement inverser une tendance.

Une découverte inquiétante

La couche d’ozone se situe dans la stratosphère, à plusieurs dizaines de kilomètres au-dessus de nos têtes. Elle joue un rôle essentiel : elle absorbe une grande partie des rayons ultraviolets dangereux émis par le Soleil.

Dans les années 1970 et 1980, les scientifiques découvrent que certaines substances chimiques utilisées dans les aérosols, les réfrigérateurs, les climatiseurs et les mousses industrielles peuvent atteindre la stratosphère. Les chlorofluorocarbures, ou CFC, libèrent alors du chlore et du brome capables de détruire les molécules d’ozone.

Le phénomène devient particulièrement spectaculaire au-dessus de l’Antarctique, où apparaît chaque printemps austral une vaste zone de très faible concentration d’ozone : le fameux « trou ».

Le tournant du protocole de Montréal

Face à cette menace, les pays adoptent en 1987 le Protocole de Montréal, qui prévoit la réduction puis l’élimination progressive des principales substances responsables de la destruction de l’ozone.

La mesure est particulièrement importante parce que ces produits peuvent rester très longtemps dans l’atmosphère. Même après leur interdiction, leurs effets continuent donc pendant des décennies.

Près de 99 % des substances réglementées qui détruisaient la couche d’ozone ont désormais été progressivement éliminées.

Le trou n’a pas disparu, mais la tendance s’est inversée

Il ne faut toutefois pas imaginer que le trou dans la couche d’ozone a simplement disparu.

Son importance varie encore d’une année à l’autre, notamment en fonction des températures et de la circulation atmosphérique autour de l’Antarctique. Mais sur plusieurs décennies, la tendance est encourageante.

En 2025, le trou d’ozone antarctique a été particulièrement peu important : selon la NASA et la NOAA, sa superficie moyenne pendant la période de septembre-octobre a été la cinquième plus faible depuis 1992. Son maximum quotidien, atteint le 9 septembre, était d’environ 22,86 millions de km², soit environ 30 % de moins que le maximum historique observé en 2006.

L’Organisation météorologique mondiale confirme également que 2025 fait partie des années où le trou a été le moins important depuis les grandes périodes d’appauvrissement observées au début des années 1990.

Quand la couche d’ozone sera-t-elle complètement rétablie ?

Le retour à la normale prendra encore du temps. Les substances responsables de la destruction de l’ozone ont une durée de vie très longue dans l’atmosphère.

Selon les projections scientifiques de référence, si les politiques actuelles sont maintenues, les concentrations d’ozone devraient retrouver leurs niveaux de 1980 vers 2040 pour la moyenne mondiale, 2045 dans l’Arctique et autour de 2066 au-dessus de l’Antarctique.

Ces dates restent des projections et non des échéances précises. Les conditions météorologiques et l’évolution de l’atmosphère peuvent modifier l’évolution du phénomène d’une année à l’autre.

Une histoire environnementale porteuse d’espoir

L’histoire de la couche d’ozone est finalement assez particulière. Une dégradation mondiale avait été identifiée, les causes avaient été déterminées, puis les pays ont adopté des mesures communes pour supprimer progressivement les substances responsables.

Aujourd’hui, les observations montrent que la couche d’ozone est en voie de reconstitution. Le trou antarctique existe toujours, mais son évolution à long terme est compatible avec une lente récupération.

C’est aussi un rappel important : certains problèmes environnementaux peuvent être extrêmement longs à résoudre. Même lorsque les émissions sont fortement réduites, l’atmosphère continue de porter pendant des décennies les conséquences des produits utilisés dans le passé.

À retenir

Le trou dans la couche d’ozone n’a pas encore disparu, mais la tendance s’est inversée. Grâce notamment au Protocole de Montréal, les substances responsables de sa destruction diminuent et la couche d’ozone devrait progressivement retrouver son état d’avant les grandes perturbations.

L’ozone nous offre ainsi un exemple concret d’un problème environnemental mondial pour lequel la science, la surveillance et la coopération internationale ont permis d’obtenir des résultats mesurables.

Sources

  • Organisation météorologique mondiale (OMM), Ozone and UV Bulletin, 2026.
  • NASA / NOAA, 2025 Ozone Hole Update.
  • Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), Scientific Assessment of Ozone Depletion: 2022.

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